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mercredi 18 février 2026

Entropographie

 Un cheveu de cuivre traverse mes souvenirs. La gaine enveloppe une information céleste, ondulatoire. Quelque chose dans l'air signifie quelque... vérité. Mes yeux la voilent et l'esprit s'oint d'intuitions.

Quel genre de vérité est le mensonge qui apparaît comme tel?

Un cheveu de givre, sur ma langue embrasée. Le froid absolu du cœur du monde parcourt mes artères. Au fond du grand Univers le néant. Un grondement au loin -- qui ronge mes silences.

Je crois qu'au fond, c'est dans l'essence des civilisations, comme une forme de vengeance du minéral. Ou bien sont-elles d'étranges formes de vie jaillies d'un vide cosmique, et qui se brisent comme des vagues à nos pieds.

Tiendrons-nous debout plus longtemps?

J'aurais voulu que mon ego capitule, qu'il offre à la Beauté ce passage. Vendre son âme en somme et, toujours, substituer l'inerte au vivant, que tout inorganique soit biographie.

Lorsque le dernier souffle sera buée figée sur la vitre des choses, qui sera là pour lire?

Oh Méduse insensée, statues de l'entropographie.

Va désir, électronise l'âme. Minéralise la durée en ce grand livre que nul ne pourra lire. 

samedi 17 août 2024

[ L'alchimiste ] Minéralisation de l'âme

Tout, sans cesse en l'épopée humaine, s'acharne à faire obstacle au rythme qui pourrait rendre vivable le fléau de la conscience. Structurer minitieusement son quotidien, bâtir une routine capable de mailler l'écheveau fou des jours afin qu'il soit capable de supporter le poids de la déréliction, pour voir après cela, tout saccagé par le passage imprévisible d'un ouragan, d'une âme animée de bonnes intentions, bref de ce gouvernement despotique des foudres...

Se fabriquer un quotidien géométrique afin de ne plus exister que dans la permanence du vide, celle-là même d'où jaillissent les mondes et les improbables formes du chaos sublime. Il ne reste que cela à faire, mais pour y parvenir, tant de sacrifices nécessaires... Se débarasser de ces yeux qui vous guettent, de ces cœurs qui vous hêlent, des jugements qui vous enferrent, de cet amour qui pétrifie, se délier de tout ne faire partie de rien... Mais dès lors qu'un regard vous délinée c'est fini, vous faites partie d'un monde qui vous gouverne de ses principes, votre destin lui-même est cette forme du chaos jaillie de ses lois éternelles.

Exister géométriquement, comme une loi inviolable, voilà qui pourrait rendre l'existence endurable, mais peux-t-on encore appeler cela existence? De créature produite par des principes devenir condition de possibilité de ces créatures que l'on nomme œuvres?

À l'impossible nul n'est tenu mais néanmoins cette société aveugle exige à chaque instant le sacrifice de mon rêve et résout l'équation que je suis avec la lenteur sadique qu'impose la sinuosité de toute tragédie.

Haïr la vie sans oser la quitter, n'est-ce pas suffisant pour faire déchoir une âme en amas de poussière, en  petit tas d'humus?