mercredi 27 mai 2026

Vaine passion

Au bout de la souffrance est une autre souffrance. Et, parfois, la fin d'un long tourment avive la douleur d'être sec; car l'âme s'abreuve d'alme souffrance. Ainsi fluctue la douleur de ceux qui ceuillent l'ombre pour y fleurir au cœur. Le sinusoïde algique de ce curriculum est néanmoins constellé de ces joyeuses plages, où quelque chose comme le bonheur cherche à se faire substance, à être positivement et trouver une essence. Mais la fleur du temps est éphémère, ses floraisons suivent une stricte saisonnalité: la relation est première, la joie n'est que l'ombre de la peine, celle-ci le sillage de la joie.

Nous ne trouverons rien au bout de ce voyage, rien d'autre que la nécessité de fendre jours et heures, pour ne pas se faire déchirer par cette flèche empoisonnée du temps -- et le temps est liqueur au dipsomane averti.

C'est vrai que nous sommes un néant, aspiré par les choses pour les séparer d'elles-mêmes. Reste à savoir comment ce qui n'est rien pourrait être aspiré... Dilemmes ontologiques, vous bâtissez le cercle aporétique où s'épuise l'homme. Ce cercle est le signe d'un refus cosmique: celui de fournir à l'angoisse la niche où se tenir en laisse. L'homme est son propre dieu, chacun des chocs heurtant le signifiant algique est le projet d'un monde, l'effet d'un principe sans racine et sans fondement, et qui doit se porter lui-même en même temps que le monde.

C'est une vaine passion que l'homme.